Pourquoi je quitte le Parti conservateur du Canada

Au cours des derniers mois, j’ai soulevé des enjeux de politique publique qui, à mon avis, sont d’une importance cruciale pour l’avenir de notre pays. C’est mon travail de le faire en tant que député.

De plus, en tant que député conservateur, il est de mon devoir de contribuer aux débats et de proposer des solutions dans une perspective conservatrice. Sinon, quel est l’intérêt d’être impliqué en politique?

Je suis en politique pour défendre des idées, de vraies idées conservatrices. Parce que je me soucie passionnément de l’avenir du Canada. Parce que je sais qu’une philosophie conservatrice qui s’appuie sur la liberté et le libre marché offre les meilleures solutions pour que notre société soit plus prospère, plus sûre et plus pacifique.

Toutefois, la position de mon parti sur plusieurs questions m’a convaincu que sous son leadership actuel, il a pratiquement abandonné ses principes conservateurs fondamentaux.

Je n’arrive toujours pas à comprendre comment un parti censé défendre le libre marché appuie un petit cartel qui fait augmenter artificiellement le prix du lait, du poulet et des œufs pour des millions de consommateurs canadiens.

Mais surtout, la gestion de l’offre est devenue l’un des principaux obstacles à un accord avec les États-Unis sur l’ALÉNA. Les ex-chefs conservateurs Brian Mulroney et Rona Ambrose sont d’accord pour mettre cette question sur la table de négociation.

Malgré cela, le Parti conservateur s’est rangé derrière le gouvernement libéral. Il appuie également les mesures tarifaires de représailles du gouvernement libéral, même si cela va nuire à nos entreprises et à nos consommateurs. Même si le Canada n’a aucune chance réaliste de remporter une guerre commerciale avec un voisin dix fois plus gros. Même si nous pourrions relancer les négociations avec succès si nous mettons la gestion de l’offre sur la table, et si nous acceptons l’offre du président Trump de négocier un démantèlement de toutes les barrières commerciales, comme l’a fait l’Union européenne.

Les libéraux font de la petite politique avec ce dossier d’une importance cruciale. Ils mettent en danger les 20 % de notre économie qui dépendent des échanges commerciaux avec les États-Unis ainsi que la prospérité future du Canada.

Plutôt que de se comporter comme un conservateur de principe et de défendre les intérêts du Canada et des Canadiens, Andrew Scheer a adopté la même position que les libéraux de Trudeau. On m’a expliqué que les sondages internes montrent que la réponse des libéraux à Trump est populaire. Et que dans six mois, si les sondages changent, la position du parti pourrait aussi changer.

La même chose s’est produite en réaction à mes tweets sur la diversité et le multiculturalisme. C’est un autre débat crucial pour l’avenir de notre pays. Voulons-nous souligner nos différences ethniques et religieuses et les exploiter pour acheter des votes, comme le font les libéraux? Ou insister sur ce qui nous unit et sur les valeurs qui garantissent la cohésion sociale?

Tout comme dans d’autres sociétés occidentales aux prises avec ce problème, un grand nombre de Canadiens, et certainement la grande majorité des conservateurs, craignent que nous allions dans la mauvaise direction. Mais il n’est pas politiquement correct de soulever de telles questions.

Au lieu de mener le débat et de repousser les accusations injustes, Andrew Scheer a choisi d’éviter la controverse. Lui et plusieurs de mes collègues m’ont désavoué. Ils ont tellement peur des critiques de la gauche et des médias qu’ils préfèrent laisser tomber des millions de partisans conservateurs à travers le pays qui voudraient que nous nous attaquions à ce problème.

Lorsque le gouvernement libéral a récemment renouvelé la formule de péréquation injuste et inefficace pour cinq ans, j’ai été le seul à critiquer cette décision. Pas un mot de mes collègues conservateurs.

Un parti conservateur qui soutient le libre marché devrait également préconiser la fin du « b.s. » d’entreprises. Ce n’est pas seulement une question de principe, cela pourrait aussi être populaire si nous défendons cette position de manière cohérente. Les Canadiens en ont assez de payer des impôts pour renflouer Bombardier, Ford et d’autres entreprises.

Au lieu de reprendre cette idée, Andrew Scheer a annoncé qu’il nommerait un ministre régional pour toutes les agences de développement régional du pays, par opposition à un seul ministre pour les superviser, comme c’est le cas actuellement. Il veut un ministre du Québec pour distribuer des subventions au Québec, un ministre de l’Atlantique pour distribuer des subventions dans les provinces atlantiques, et ainsi de suite.

La solution conservatrice devrait être d’abolir ces agences qui gaspillent notre argent. Ce qu'Andrew Scheer propose, c’est de les rendre plus efficaces pour acheter des votes avec l’argent des contribuables.

Comment pouvons-nous nous attendre à ce que ce parti adopte des réformes conservatrices une fois au pouvoir, s’il ne peut même pas formuler une position claire et la défendre avant qu’il ne soit élu? Je suis maintenant convaincu que ce que nous obtiendrons si Andrew Scheer devient premier ministre ne sera qu’une version plus modérée du désastreux gouvernement Trudeau.

Au cours de la dernière année, j’en suis graduellement venu à la conclusion que ce parti est trop corrompu, intellectuellement et moralement, pour être réformé.

Je sais pertinemment que beaucoup de membres du caucus s’opposent en privé à la gestion de l’offre. Mais acheter des votes dans quelques circonscriptions clés est plus important que de défendre les intérêts de tous les Canadiens.

Toute la stratégie du parti repose sur la politique identitaire, le racolage de divers groupes d’intérêt et l’achat de votes avec des promesses, exactement comme le font les libéraux.

Le Parti conservateur tente d’éviter les questions importantes, mais controversées, qui préoccupent les conservateurs et les Canadiens en général. Il refuse d’articuler une philosophie cohérente pour soutenir ses prises de position.

Chaque déclaration publique est testée avec des sondages et des groupes de discussion. Le résultat est une série de platitudes qui n’offensent personne, mais qui ne veulent rien dire non plus et qui ne motivent personne.

Andrew Scheer n’arrête pas de parler de sa « vision conservatrice positive ». Mais personne ne sait en quoi consiste cette vision.

Le Parti conservateur a abandonné les conservateurs. Il ne les représente plus. Et il n’a rien de substantiel à offrir aux Canadiens à la recherche d’une solution de rechange politique.

Si nous voulons que les principes conservateurs gagnent la bataille des idées, nous devons les défendre ouvertement, avec passion et conviction.

C’est ce que je veux faire. Et c’est pourquoi, à compter d’aujourd’hui, je ne suis plus membre du Parti conservateur du Canada. Je veux faire de la politique autrement. Je trouverai une autre façon de donner la parole à des millions de Canadiens. Et je continuerai à lutter pour la liberté, la responsabilité, l’équité et le respect.

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